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Nikon F3AF |
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La situation en 1983
Si les années précédentes ont apporté l’automatisme de l’exposition aux boîtiers reflex, innovation qui avait été introduite par les appareils compacts, début 80, le nouveau challenge est l’automatisme de la mise au point : l’autofocus.
Déjà des appareils compacts offrent cette possibilité et ils fonctionnent. La plupart avec un autofocus actif:
la réflexion d’un rayon émis par l’appareil vers le sujet détermine la distance.
Le système passif travaille lui sur la détection des différences de phase.
En 1982, Pentax a proposé, avec son Pentax ME-F, un objectif zoom SMC Pentax AF 35-70/2.8 intégrant un moteur de mise au point, le mécanisme de détermination de la distance et les 4 piles AAA pour alimenter l’ensemble.
Cette initiative sera suivie par d’autres constructeurs. Ces objectifs sont assez chers, lourds et peu performants.. La solution est donc ailleurs.
En 1983 sont lancés les appareils Olympus OM30 et Minolta X600 qui tous deux permettent une assistance à la mise au point. Le module de reconnaissance de la mise au point est intégré aux boîtiers mais la mise au point elle–même demeure manuelle et n’est pas motorisable.
Le Nikon F3
Le Nikon F3 a été lancé en 1981 pour succéder au Nikon F2. Il possède l’automatisme d’exposition, un obturateur testé pour 150 000 cycles, un moteur rapide et conserve le viseur interchangeable, signe distinctif de la gamme F.
Il a aussi et c’est plus étrange, à l’intérieur de la chambre de visée, quelques éléments dont l’utilité n’est pas connue. Certains pensent qu’il s’agit d’éléments pour l’autofocus car Nikon a racheté à Leitz (Leica) les droits d’utilisation du système Correphot.
Leitz a été un des premiers au monde à mettre au point un prototype autofocus avec le Correphot de 1976, adapté au Leicaflex SL2 et présenté à la Photokina. Un miroir secondaire déviait une partie des rayons vers une trame mobile (mécanique !) pour une évaluation électronique de la MAP. Correfot signifie « 'corrélation' maximale entre deux pinceaux élémentaires passant par les extrêmes bords de la pupille de l'objectif et issus d'un même point du sujet. ».
Il est à noter que 30 ans après, Leitz n’a pas d’objectif à mise au point automatique ni pour ses boîtiers télémétrique M ni pour ses reflex R.
Pour ses boîtiers professionnels, Nikon a toujours été très prudent et a d’abord introduit ses innovations sur des
boîtiers amateurs ou semi-pro. Ainsi la mesure pondérée et l’automatisme de l’exposition ont d’abord été présentées sur les Nikkormat FTN et EL, comme plus tard le mode programme et la mesure matricielle le seront sur les Nikon FG et FA.
En 1980, la mesure de l’exposition et l’automatisme sont maîtrisés. Les Nikon F puis F2 avaient permis de suivre
l’évolution de ces techniques par des évolutions de leur viseur interchangeable. Maintenant le nouveau Nikon F3 peut intégrer directement la cellule silicium et le traitement de l’automatisme dans le boîtier lui-même.
Bizarrement, ce n’est pas un boiter amateur qui sera le premier autofocus Nikon mais un boîtier de la série F elle-même .
Le NIkon F3AF et le viseur DX1.
En 1983 Nikon présente une évolution de son boîtier vedette : Le Nikon F3AF avec son viseur DX1 et ses deux objectifs : les AF 80mm f2.8 et AF 200mm f3.5 ED ainsi qu'un téléconvertisseur pour
rendre autofocus les objectifs Nikkor AI à mise au point manuelle.
La monture F est bien sur retenue et le F3AF conserve la même finition et les mêmes accessoires que le F3.
Les objectifs AI et AI-S peuvent être utilisés sans restriction et bénéficient d’une mise au point assistée.
La différence principale entre F3AF et F3 est un ensemble de contacts supplémentaires qui existent pour le pentaprisme et ceux qui entourent la monture d’objectif..
Le F3AF possède un viseur dédié le viseur DX1 qui est énorme et contient toute l’électronique de détection de phase.
Le viseur DX1 ne couvre que 92% de l’image alors que les autres viseurs des F couvrent tous 100%..
Des indicateurs de mise au point correcte ou non sont visibles dans le viseur et le verre de visée spécial.
Ce viseur contient également 2 piles AAA qui servent à l’alimentation du viseur lui-même mais surtout des objectifs
motorisés, la petite pile bouton du F3 étant insuffisante pour accomplir ce travail.
La dénomination DX1 laisse supposer que Nikon espérait décliner son viseur au fur et à mesure des progrès de l’autofocus. En plaçant l’autofocus dans le viseur, Nikon s’autorise à le faire évoluer facilement sans retoucher à son boîtier.
Les deux objectifs, AF 80mm f2.8 et AF 200mm f3.5 ED, gardent la finition des AI mais comportent eux aussi des contacts sur la monture arrière. Le moteur de mise au point est incorporé dans l’objectif.
Ils ont été choisis car ce sont deux longueurs focales très prisées des photographes d'action et de sports. La mise au point se fait par déplacement d’une lentille interne, ce qui minimise le mouvement à effectuer et permet un temps de réponse rapide. Le système peut détecter et réagir à des évolutions de distance en 0.5 millisecondes.
Le 80mm fait le point de l’infini à la plus courte distance et 0,6 seconde et le 200 mm en 1,7 s.
Ces deux objectifs sont annoncés comme les premiers d’une gamme nouvelle. En fait, il n’y aura pas d’autre modèle.
Le téléconvertisseur TC 16 AF permet de rendre autofocus les objectifs Nikkor AI-S par variation d'une lentille interne et en multipliant leur focale par 1,6.
Si par rapport au Pentax ME-F , Nikon a rapatrié l’alimentation et la détection de la mise au point dans le boîtier,
il laisse le moteur dans l’objectif.
Deux ans plus tard Minolta avec son 7000 et son moteur intégré au boîtier crée
une nouvelle référence et un beau succès commercial, suivi plus tard par Nikon qui adopte, comme Pentax et Minolta
le même système. Ce système AF comporte une monture quasi-identique à celle du F3AF avec des contacts dans la monture
d’objectif et sur les boîtiers. Cependant les deux objectifs AF F3 ne sont pas compatibles avec la nouvelle gamme Nikon AF.
Ils se montent sans problème sur le Nikon F4 mais perdent leur fonction autofocus avec les autres boîtiers.
Ces deux objectifs, par leur conception, sont précurseurs des objectifs AF modernes, tous à moteur intégré.
Dès 1985, Canon choisit cette solution pour son nouveau système EOS malgré un coût plus élevé et depuis, toutes les
grandes marques Sony, Nikon, Sigma, et maintenant Pentax ont placé un moteur intégré d’abord dans les téléobjectifs haut
de gamme puis maintenant pour tous les objectifs. Le nouveau D40, dernier reflex numérique Nikon, ne peut même recevoir
que des objectifs de ce type : AF-S.
Le F3AF avec ses objectifs à moteur intégré avait presque tout bon mais son coût élevé et sa diffusion restreinte ont
limité le succès. Si Nikon avait sorti ce système sur un boîtier amateur d’abord, le succès aurait peut-être été au rendez-vous. Comme tel, le Nikon F3 AF reste un appareil particulier comparable à aucun autre dans la gamme Nikon.
Pierre J.
AF 200mm f3.5 ED |
AF 80mm f2.8 |
verre de visée F3AF TC-16 téléconvertisseur |
électronique du viseur DX1 |
moteurs internes F3-AF et piles AAA |
Caractéristiques particulières du Nikon F3AF
Nikon avait réalisé un prototype d'un zoom 50-135/3.5 pour le F3-AF. |
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