Les Nikon F6 et D3
L'un utilise un film, l'autre pas.


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和訳

Il y a trois ans, nous avions essayé d'imaginer le Nikon F6 et Thom Hogan a essayé aussi en avril 2004. Maintenant il est là.
Tous les huit ans, Nikon sort une nouvelle version de son boîtier amiral : un Nikon série F et ce depuis le Nikon F sortit en 1959. Les Nikon F font partie de la légende de Nikon et concourt fortement à son image exceptionnelle. La prochaine échéance est la Photokina 2004 en septembre prochain. Or depuis la sortie du F5 en 1996, les professionnels sont passés majoritairement en numérique et les ventes de reflex argentiques professionnels deviennent marginales. Que faire quand on s'appelle Nikon et que l'on possède à son catalogue trois boîtiers professionnels, les Nikon F5, le D2H et le D1X ?
On reprend le meilleur des fonctionnalités de chacun et l'un crée un modèle unique (pardon deux modèles); c'est ce que vient de faire Nikon avec l'appareil D3/F6. En fait, il faut parler de deux appareils partageant de nombreux composants et accessoires : Le Nikon F6 argentique et le Nikon D3 numérique. Ces deux boîtiers sont à objectifs, viseurs et verres de visée interchangeable. La filiation du F6/D3 avec les F5 et D2 est flagrante et l'ergonomie est restée, heureusement, la même.

Nikon D3

Nikon D3 dos

Nikon D3 dessus

Le boîtier.
Le boîtier des D3/F6 a un châssis en magnésium et aluminium et les coques extérieures sont en titane noir. Ils sont traités pour une robustesse exceptionnelle et sont imperméables à la poussière et à une brève immersion. L’intégration de ces composants a été effectuée dans un boîtier qui conserve les dimensions du Nikon F5. Il est un peu moins haut mais plus épais de 80mm, son poids avec batterie et sans objectif est de 1,2 kg, c’est à dire largement inférieurs au précédent Nikon numérique pro.
L'obturateur du Nikon F6 est de type hybride, comme celui du Nikon FM3a et peut fonctionner sans piles de 4 s à 1/4000 s. ou dans tous les modes de 30 s à 1/16000 s.
Sur le F6, En cas de tension électrique insuffisante, seul l'obturateur mécanique est alimenté ainsi que la mesure multi-zones. L'avancement et le rembobinage s'effectuent en économisant l'énergie et l'écran arrière est inactivé. Ainsi le F6 conserve une autonomie de 30 films minimum.
Le système de mesure de l'exposition comme celui de l'AF utilise un capteur de 200 000 pixels, placé sous la chambre reflex. La mise au point automatique est assurée par un réseau de 23 capteurs plus l’analyse du capteur 200 000 pixels. Les informations de distance, couleur, température de couleur, luminescence sont prises en comptes. Les deux boîtiers possèdent la même ergonomie et les mêmes boutons, leurs fonctions varient cependant légèrement d’un boîtier à l’autre. Ainsi le bouton « delete » du D6 devient un bouton « preview ». La trappe arrière est également présente sur les deux modèles mais ne comporte que les connections micro-ordinateurs pour le F6.




viseur Nikon D3


Les viseurs.
Le Nikon F6/D3 ne possède pas moins de six nouveaux viseurs interchangeables. Ces viseurs couvrent 100% de l'image et permettent d’afficher dans le viseur l’ensemble des paramètres y compris le nombre de vues restantes sur la carte (estimée), le mode d’enregistrement RAW (NEF) JPEG ou TIFF, la sensibilité en équivalant ISO et l’autonomie batterie restante.
Le modèle de base DE40 est de type HP : dégagement de 20 mm, possibilité d’afficher des lignes de cadrage, fonction identiques au Nikon F80, choix privilégié d’un des 23 capteurs AF. Comme la mesure de l'exposition et de l'autofocus est maintenant prise en charge par le corps du boîtier, les viseurs sont plus légers (titane) et moins volumineux. Le type de mesure (multi-zones, pondérée ou spot) est maintenant sélectionné sur le boîtier lui-même. Un modèle DS40 offre en plus un flash intégré (nombre guide 20) e-TTL multi-zones, ce qui est une première sur les modèles pro.
Un modèle DML40 se compose de deux parties, l’une se place sur le boîtier en lieu et place du viseur et dialogue par ondes radios avec la seconde partie qui fait office de télécommande à écran. Cette seconde partie de la taille d'un PDA un peu épais, possède un disque dur intégré et reprend le même écran arrière que le Nikon D3. Elle permet d'utiliser l'ensemble de ces fonctions jusqu'à une portée de 200 mètres. Elle autorise donc un pilotage et une prise de vues entièrement guidée à distance. Le boîtier envoie l’image telle que vue dans le viseur (en fait sur le capteur) et la partie télécommande permet de régler à distance les paramètres du boîtier, d’effectuer la prise de vue et de récupérer pour stockage la vue prise. Ce viseur/télécommande est très utile pour les prises de vues en atmosphère confinée ou hostile (radiations, froid, prise de vue sur robot etc. …).
Les trois autres viseurs sont un viseur sportif DA40, un viseur de poitrine DW40 et un viseur amplificateur six fois DW41.
Tous ces nouveaux viseurs peuvent aussi être employés sur le Nikon F6, seuls changent alors les paramètres de prises de vue du dans le viseur (suppression des données numériques). Les anciens verres de visée et viseurs du F5 peuvent être utilisés sur le F6.


afficheur LCD dessus boitier

afficheur LCD arrière boitier


Ecran de contrôle multi-fonctions.
Les deux boîtiers possèdent le même dos, celui du F6 est dégondable mais aucun autre dos n’est actuellement proposé. Le grand écran couleur tactile de 3,5 « et de 200 000 pixels est orientable de 45° dans toutes les positions permet :
pour le D3, d’afficher toutes les informations classiques : image, histogramme, données IPC, menu déroulant, dialogue avec un micro-ordinateur, possibilité de « programmer « l’appareil avec des réglages individuels au niveau température de couleur, suivi et capteurs AF, les fonctions personnalisées image sont également accessibles via des menus déroulants ainsi que les options de sauvegarde et de transmission WiFi.
Pour le F6, un bouton sur le boîtier (le même que le bouton "delete" du D3) permet de simuler une prise de vue avec déclenchement éventuel du flash et de vérifier un résultat brut, sorte de polaroid de contrôle sur l’écran. Cette fonction est extrêmement pratique car elle permet en studio d’essayer plusieurs éclairage avant la prise de vue et en reportage, de tenir l’appareil au-dessus de sa tête et de vérifier le cadrage par l’écran orientable avant de déclencher. Les 200 000 pixels du capteur sont trop pauvre pour que l’image soit conservée mais sont suffisant pour permettre une première analyse. Un histogramme peut être également affiché.
Le Nikon F5 permet déjà, avec une connexion à un micro-ordinateur il est vrai, de récupérer l’image grossière du capteur.
Toutes les fonctions assurées par les dos multi-fonctions MF telles que bracketing, pose longue, affichage date numéro de séquence, nom du photographe sont intégrées au F6, activable par l’écran de contrôle. Les données peuvent être imprimées dans l’espace inter-images ou sur l’image.
L’écran arrière monochrome affiche en permanence les informations sur une matrice LCD, contrairement à l’écran arrière du D2H qui avait des icônes pré-établis et donc plus limités. Le panneau près du déclencheur est très similaire à celui du D2H.

Le Nikon D3.
Le Nikon D3 possède un capteur LBASCT (CMOS) plein format et offrant des fonctions inédites en matière de capture image, anti-vibration et autofocus. Le capteur, développé par Nikon, affiche 14 millions de pixels comme le Kodak DCS 14n. Une touche sur le boîtier permet de passer automatiquement d'une zone de capture plein format à une zone de capture APS-C. Le viseur est alors automatiquement ajusté par la mise en place d'une lentille convergente interne et le coefficient de multiplication passe à 1,5. Ce dispositif astucieux qui peut être activé n’importe quand, permet d’accroître la cadence de prise de vue qui passe de 40 vues consécutives à 6 images/secondes à 80 vues à 8 images/secondes. Les fichiers générés sont évidemment moins gourmands et peuvent être transmis via l’émetteur WiFi norme G, cet émetteur est intégré au boîtier.
La mémoire interne de 2 Giga peut être augmentée en atelier et il semble que le capteur puisse également être mis à jour aussi en atelier, sans doute pour remplacement peut être pas pour mise à niveau par un modèle plus performant.

Le Nikon D3 possède plusieurs logiciels intégrés afin d'optimiser l'image qui s'appliquent sur les fichiers Raw avant leur transformation en fichiers jpeg ou TIFF.
Ces logiciels sont aussi intégrés à la nouvelle version de Nikon Capture.
Les logiciels de la société DXO récupèrent les informations de l'objectif et à partir d'une base de données interne Oracle 10 lite sur les objectifs Nikon d'une part (mise à jour par téléchargement sur Internet) et par l'analyse directe de l'image d'autre part, déterminent les aberrations de l'objectif (distorsion, vignetage) et les corrigent directement sur l'image avant enregistrement. Des fonctions internes permettent de visualiser sur l'écran arrière tactile les zones de sur et sous exposition, de régler luminosité et contraste par zone sélectionnée et de les corriger. En mode noir et blanc il est possible de choisir les hautes et basses lumières et d'appliquer un zone system.
De même, concession aux amateurs, le logiciel de Pixology supprime les yeux rouges là encore directement sur l'image. Le fichier Raw reste évidemment inchangé et peut être retraité ensuite.

 
Sur le F6, l'écran arrière tactile permet de choisir les hautes et basses lumières et d'appliquer un zone system. Une carte SD permet de stocker les informations propres aux images faites ainsi que les vignettes réalisées. Un index avec vignettes, date heure, données techniques et texte ajouté est automatiquement créé et peut être facilement édité pour accompagnée une planche contact film. Le format des vignettes ne permet pas une impression supérieure au 8 x 13 cm par photo.

 




platine CCD VR AF Nikon D3

La platine capteur du D3 : AF et Anti-Vibration.
L’autre nouveauté remarquable de ce Nikon D3 est la platine qui porte le capteur. En effet à l’instar de certain compact numérique, elle permet de réduire le flou de bougé en intégrant au niveau de la platine porte-capteur un système VR (Vibration Reduction). Deux capteurs (sur l'axe x et y) contrôlent les mouvements de l'appareil et le système analyse les données d'entrée des capteurs dans le boîtier et déplace la platine porte CCD en conséquence. Cela permet d’utiliser, sans trépied, les téléobjectifs à des vitesses assez lentes.
Nikon a même été plus loin et a complété la cinétique de cette platine par la possibilité de réaliser la mise au point automatique en avançant ou en reculant cette platine et donc le plan film par rapport aux lentilles de l’objectif. Ce procédé avait déjà été employé par CONTAX sur le reflex AX mais sans suite. Le boîtier reconnaît automatiquement le type d’objectif utilisé qu’il soit du type AI, jusqu’au AF-S et DX. Seuls les objectifs non modifiés AI (avant 1977) sont interdits. Dans le cas d’objectif DX, le boîtier commute automatiquement la zone utile de son capteur au format APS-C. Dans le cas d’un téléobjectif AF sans système VR, le mode VR de la platine est activé automatiquement. Le fait de monter un « vieil » objectif AI sur l’appareil commute le boîtier en mode autofocus et VR et le programme sur priorité ouverture (le mode programme à mesure matricielle est possible pour les AIS et suivants). Cette innovation majeure apporte une souplesse incroyable à la prise de vue et si chacun de ces automatismes est activable séparément par touche ou par des codes fonctions dont le libellé est en clair et en français et non plus par des numéros. On oublie vite quel type d’objectif on monte sur ce boîtier pour se concentrer sur l’image à prendre.

Le seul défaut majeur du Nikon F6/D3 est d'être pour l'instant entièrement virtuel et de n'avoir été juste imaginé que pour le 1er avril.
( L’histoire du premier avril, appelé April Fool's Day ou All Fool's Day en Angleterre n’est pas totalement claire. En réalité il n’y a pas un jour du 1er avril qui peut être pointé sur le calendrier. Certains pensent qu ‘il s’agit d’une évolution dans plusieurs cultures qui a eu lieu en même temps, pour la célébration du premier jour du printemps. Le fait le plus ancien qui peut être identifié fait débuter cette tradition en 1582, en France. Antérieurement à cette année-là, la nouvelle année était célébrée à partir du 25 mars pendant huit jours. La célébration culminait le 1er avril. Avec la réforme du calendrier sous Charles IX, le calendrier Gregorian a été introduit, et le jour de l'An a été déplacé au 1er janvier. Cependant, les communications n’étant pas ce qu’elles sont de nos jours, car véhiculés à la vitesse du pied, beaucoup de gens n’ont pas su cela avant plusieurs d'années. D'autres, la foule la plus opiniâtre, ont refusé accepter le nouveau calendrier et ont continué à célébrer la nouvelle année le 1er avril. Ces gens ont été étiquetés comme "imbéciles" ou « attardés » par la population générale. Ils étaient sujets à un certain ridicule, et étaient souvent envoyés sur " commissions d'imbéciles" ou faisaient l’objet de plaisanteries. Ce harcèlement a évolué, avec le temps, en une tradition de farce - le premier jour D'avril. La tradition s’est propagée plus tard en Angleterre et en Ecosse dans le dix-huitième siècle. Elle a été ensuite introduite dans les colonies américaines pars les Anglais et les Français. Le 1er avril s’est développé comme amusement festif international ou chacun déploie son propre d'humour national aux dépens de leurs amis et familles).

 

 pierre j.


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Les textes de cette page n'engagent que leur auteur et en aucun cas Nikon Corporation
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Créé pour le 1 avril 2004, modifié le 22 août 2004
© Pierre J.